La vallée de Katmandou porte dans son sol l'une des plus anciennes traditions de terre cuite du sous-continent. Depuis des siècles, les potiers façonnent l'argile issue de la plaine avec des gestes transmis de famille en famille : tournage au tour lent, modelage des grandes jarres, séchage au soleil, cuisson au feu de bois dans des fours de briques. Chaque saison impose son rythme — la mousson ralentit le séchage, l'hiver concentre les cuissons — et chaque génération garde le même savoir-faire.
Deux expressions marquent cette terre. L'argile brute, encore humide, est noire, dense et presque minérale. C'est l'état avant : les pièces attendent sous les auvents, empilées en rangs, avant de connaître le feu. Après cuisson, la même argile se métamorphose en cette couleur rouge-orangée caractéristique des terres cuites de la vallée, celle que l'on retrouve dans les temples, les cours et les toits de Katmandou.
Ludo arpente ces ateliers depuis 1995. Il observe la régularité du tournage, la qualité de l'engobe, la réaction au feu. C'est cette sélection à la source qui garantit que chaque pièce porte en elle la vraie terre de la vallée.